Oeuvres complètes. Tome XX. Musique et mathématique


auteur: Christiaan Huygens


bron: Christiaan Huygens, Oeuvres complètes. Tome XX. Musique et mathématique (ed. J.A. Vollgraff). Martinus Nijhoff, Den Haag 1940


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[p. 389]

IV. Du livre de Wallis, historia algebrae anglicè. Developpement du ‘Numerus impossibilis’ (π) en une fraction continue.
[1686 ou 1687]1)

Cap. 83. Que la quadrature du cercle ne peut estre exprimée par aucune maniere de notation reçuë2).

C'est a dire ni par raison de nombres ni de racines.

Dans son Arithmetica infinitorum, prop. 190, il appelle cecy sententia nostra aut conjectura3). Mais icy il pretend qu'on peut le conclure surement. ce que je ne

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croy pas, et je voudrois qu'il me demontrast seulement que la circonference est incommensurable au diametre.

Cap. 79. Il veut justifier sa maniere de demontrer par Induction dont il se sert dans son Arithmetica infinitorum. Mais en vain [ces trois derniers mots ont été ajoutés après coup]4).

 

Lorsqu'il écrivit la présente Pièce, Huygens avait sans doute vu dans les ‘Acta Eruditorum’ de juillet 1686 (p. 360) l'article de deux pages de Jaques Bernoulli, intitulé: ‘Bernoullii Demonstratio Rationum, quas habent series numerorum naturali progressione sese insequentium, vel quadratorum, cubicorum, &c. item trigonalium, pyramidalium &c. ad series numerorum totidem maximo aequalium’ et commençant par les mots: ‘Wallisius in Arithmetica infinitorum id sola inductione investigare docet, cui demonstrandi modo, cum parum scientificus est, alium eumque facillimum hic substituam’. Nous pouvons en effet admettre que Huygens avait lu cet article puisqu'il est précédé par un article, également de Bernoulli, qui se rapporte à la controverse entre Huygens et Catelan (le no X de la note 1 de la p. 457 du T. XVIII)5).

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Cap. 95. Approximationes quasdam Neutoni refert quas cum meis comparat quas in libello de Circuli Magnitudine demonstravi6).

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Cap. 107). Il traite de la reduction de fractions en proportions a de moindres nombres. Il dit que quelques uns ont admirè comment Metius estoit tombè sur ces nombres 113 ad 355 qui approchent si fort a la raison du diametre a la circonference

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du cercle. Qu'un dr. Davenant luy avoit proposè ce probleme en 1663 et qu'il luy a envoiè un traitè de cette matiere qui a estè imprimè par maniere d'appendix derriere les ouvrages posthumes d'Horrocks. Mais je ne trouve point la ce traitè8).

Il propose le Theoreme ainsi. Estant donnè une fraction en proportion, trouver une qui en approche autant qu'il est possible de faire en des nombres qui n'excedent point un nombre donnè, et dans les plus petits termes.

Sa methode est bien longue par de continuelles additions et differe beaucoup de celle dont je me suis servi9) a trouver les nombres des dents de mes roues du Planetologe. Il l'applique, comme moy, a chercher la proportion prochaine du diametre a la circonference et trouve par ses additions les nombres de 7 a 22, de 133 a 355, de 33215 a 104348 (lesquels derniers selon moy ne sont pas des bons). Puis 364913 a

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114640810). 1725033 a 5419351 et plusieurs autres en suite. Il nomme ces nombres incrementa. item 52746197 a 165707065.

Il se propose aussi cette proportion, 2684769 a 8376571, pour trouver la plus prochaine majeure ou mineure qui se puisse exprimer en nombres qui n'ayent que trois chifres. Et il conclut que la fraction 25/78 est la plus prochaine majeure et 308/951 la plus prochaine mineure ce qui est vray.

 

Huygens cite le livre de Wallis déjà à la p. 252 du Manuscrit F et calcule ensuite diverses fractions continues9). Notons que Brouncker avait réussi à développer en une fraction continue la formule de Wallis pour 4/π (p. 373 qui précède) ce dont Wallis traite dans son livre de 1685. A la p. 256 du Manuscrit F se trouve pour le rapport de la circonférence du cercle au diametre (notre nombre π) la valeur



illustratie

Huygens calcule même encore les dénominateurs suivants 2, 1, 1, 2, 2, 1. Sa ‘Descriptio Automati Planetarii’ (dans la présente Pièce il donne à cette construction le nom de ‘Planetologe’) auquel ce calcul était destiné - nous la publierons dans le Tome suivant - ne parut qu'en 1703 dans les ‘Opuscula postuma’. Il n'a pas jugé nécessaire de publier séparément la présente approximation du ‘numerus impossibilis’.