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1692.
Manuscrit H, p. 51 (les dates du 16 mars et du 22 avril 1692 resp. aux p. 49 et 54). On vu aux p. 268-270 qui précèdent l'intérêt de Huygens pour le phosphore. Voici encore un témoignage de cet intérêt.
Unum phospori solidi granum in una et viginti uncijs spiritus vini rectificati (sed absque sale tartari) solvebatur. cujus solutionis quaelibet gutta aquae instillata late circularem spargebat lucem. flammam inquit sed lucem intelligit. In dimidia drachma istius spiritus vini sunt inventae guttae numero 220. Ergo in drachma una guttae 440. in uncia octuplum, hoc est, 3520 guttae. in 21 uncijs 73920 guttae. Affudit insuper 10½ unciae spiritus vini. Et adhuc singulae guttae lucebant, nempe in aquam demissae. Sed ex prima impregnatione concludit D. Albinus18) (vel author Thesium Kletwichius) unum granum phosphori ita diductum fuisse ut 369 perticas quadratas tegere potuerit. Sed fallit eum calculus, cum tantum inveniantur pedes quadrati 128 ⅓ quod paulo plus est quam 8/9 unius perticae quadratae, quod et credibilius est, et multum tamen.

Manuscrit H, p. 55.
A Steigerthalio19), 19 Ap. 92. Hujusmodi mola rotundantur globuli marmorei apud Nuribergenses.
ABCD cylindricum vas cavum, utrumque orbem lapideum continens; E fixum, F mobilem, ac manu circumagendum.
Fortasse primo cubos aequales exsecant, dein 8 angulos deterunt, atque ita molae imponunt, quae omnes ad aequalem magnitudinem perducit, et perfectam sphaerae formam.
Quid genus lapidis tam molarum, quam globulorum?
Manuscrit H, p. 60. 21 Maj. 92. Turris Roterodamensis
[voyez sur cette tour de la cathédrale de Rotterdam l'année 1688 qui précède]
e Vitaulio
[= Hofwyck, habité par Huygens en ce temps]
spectata telescopio 13 ped. fixo. Hora sexta matutina nihil. nescio an vapor lentem obsederit. Hora 9½, filum in AC at AB vix major quam ¼ [BD]. Hora 12 filum in [FE] ut FB fere ∞ ½ BD. Hora 1, in HK, ut HB ∞ ⅓ BD. Hora 2 p.m. filum in medio inter B et D. Vrijdag 23 Maj. hor. 12½ filum in EF positum. Hor. 1 Bf ad fD ut 3 ad 2.
On lit dans la figure tectum templi.
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Manuscrit H, p. 64 (la date du 16 juillet à la p. 75).
On lit dans la figure:
male, malè, rectè sic ad metendum. novacula sic recte. sic acies versus P minus utilis fieret.

Filum ABC transeat per axem manubrij AB, et per centrum gravitatis totius siculae ita habilior erit.
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Suspendatur primum absque manubrio ex B. tum secundum fili ductum aptetur manubrium. Vel una cum manubrio suspendatur ex A, attendaturque an filum continuatum conveniat cum axe manubrij.
Manuscrit H. p. 77 (donc entre le 16 juillet et le 16 août 1692).
Du Journal des Scavans

de France de 1691.
...Horloge chez Mr. Graverol20) a Nismes. C'est une boete ronde avec 5 cellules en dedans, qui ont des petits trous de communication par ou l'eau coule de l'une a l'autre, pendant qu'elle descend sur son axe qui est enveloppé des fils ab, cd. attachez en haut. Cet axe marque les heures. L'invention revient à celle que j'ay vue autre fois à Bruxelles, ou la boete tournoit sans descendre par le moien d'un poids qui tiroit la chorde qui envelopoit l'axe
[d'après Graverol ‘un Jesuite Italien...imagina ces sortes de pendules’ qui cependant ‘doivent leur perfection’ à MM. Taliaisson et De l'Isle’].
Même endroit.
Extrait (pag. 348) de mon Traitè de la Lumiere et de la Pesanteur (en marge: Il marque que mon livre est in 12o Leyde. il s'abuse21). Cette refraction (du Cristal d'Islande) qui est sans doute fort particuliere, donne lieu a Mr. Hugens de faire paroitre sa rare penetration et la profonde connoissance qu'il a acquise de la Physique et des Mathematiques &c.
Il n'explique pas bien mes observations de la refraction de ce cristal, en disant que le raion rompu s'ecarte de la perpendiculaire au lieu de dire que le raion perpendiculaire se rompt. Encore moins bien la cause que je donne de la Pesanteur; voulant que selon moy le mouvement journalier de la Terre imprime le mouvement rapide a la matiere liquide et tres subtile. ce qui est bien eloignè de ce que j'ay posè22). Pag. 353. Au reste ce livre est ecrit avec tant de circonspection, que l'autheur y marque les bornes des connoissances humaines, et y distingue ce que l'on scait et ce que l'on ne scait pas. en quoy sa modestie est d'autant plus a estimer, qu'elle est jointe a une science consommée et reconnue de toute l'Europe. Il me fait trop d'honneur, mais tort d'ailleurs.
Même endroit.
Extrait (pag. 386) d'une lettre de Mr. Leibnits sur la question Si l'essence du corps consiste dans l'etendue. Il est de mon sentiment, mais ne considere pas la duretè que je dis estre necessaire aux corps23). Il y a dans cette lettre a peu pres les mesmes raisons que dans ses remarques sur Des Cartes qu'il m'a envoièes par
| | | | | | | | Mr. de Beauual24). Il dit que Mr. Nicole est aussi de nostre sentiment dans ses Essais25). Il considere qu'il y a dans les corps une Inertie naturelle, par laquelle ils resistent en quelque façon au mouvement, et n'y sont pas indifferens26).

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Manuscrit H, p. 85-86. 16 Aug. 1692.
ΑΡΧϒΤΟϒ ΠΕΡΙΣΤΕΡΑ
On lit dans les figures:
νευροι ϰουφοταγοι, τροχος περιτρ τος, ἐκ ξυλου, ν μα σ ριϰον, ἐϰϰεντ ριϰος, ϰαλαμος, πτερυξ; bacillus interserendus ex ligno levissimo, 1000 librae.
Primum tende nervos pondere vel sucula. Tum insere arundines binas, vel baculos quadratos intus cavos. Ita tensi manebunt nervi.
Sit nervus quadruplex vel sexcuplex. augentur enim vires, pondus non crescit nisi nervi.
Suspende primum filos ut sit
[lisez sint]
horizonti parallel. et examina quantum ponderis auferatur motu alarum. Quod superest vide an resecari possit, aut levitate materiae compensari.
On lit dans la dernière figure:
tubulus. Huygens ajoute: ut ala possit eximi cum denuo tendentur nervi. vel potest separari in B27). |
18)Il s'agit sans doute de Bernard Albinus, médecin, né à Dessau en 1653, mort à Leiden en 1721, Il avait obtenu le grade de docteur en cette dernière ville en 1676, et fut professeur à l'université de Francfort sur l'Oder de 1680 à 1681 et de 1688 à 1702. Ensuite il occupa une chaire de médecine à Leiden jusqu'à sa mort.
19)Voyez sur J. Steigerthal la p. 274 du T.X.
20)Fr. Graverol, jurisconsulte et antiquaire français (1635 ou 1636-1694).
21)Les deux traités avaient été publiés in 4 o: voyez nos T. XIX et XXI.
22)Consultez les p. 634-636 du T. XIX.
23)Voyez la p. 498 du T. XXI.
24)Voyez la p. 302 du T.X.
25)L'Extrait (qui se trouve à l'endroit indiqué du Journal des Sçavans de 1691) commence comme suit: ‘Vous me demandez, Monsieur, les raisons que j'ai de croire que l'idée du corps ou de la matiere est autre que celle de l'etendue [Leibniz combat donc Descartes]. Il est vrai, comme vous dites, que bien d'habiles gens sont prévenus aujourd'hui de ce sentiment, que l'essence du corps consiste dans la longueur, la largeur & la profondeur. Cependant il y en a encore qu'on ne peut accuser de trop d'attachement à la Scolastique, qui n'en sont pas contens. Mr. Nicole dans un endroit de ses Essais témoigne estre de ce nombre, & il lui semble qu'il y a plus de prévention que de lumiere dans ceux qui ne paroissent pas effrayez des difficultez qui s'y rencontrent’.
Pierre Nicole (1625-1695), janséniste, ou plus ou moins janséniste, publia un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels les ‘Essais de morale et Instructions théologiques’, Paris, 1671 et suiv., en 25 volumes.
26)Leibniz dit en effet: ‘Nous remarquons dans la matiere une qualité que quelques uns ont appellée l'inertie naturelle, par laquelle le corps resiste en quelque façon au mouvement...Tout cela fait connoitre qu'il y a dans la matiere quelque autre chose que ce qui est purement Geometrique, c'est a dire que l'etendue & son changement tout nud. Et à le bien considerer, on s'apperçoit qu'il y faut joindre quelque notion superieure ou metaphysique, sçavoir celle de la substance, action, & force...’
Dans cet extrait Leibniz ne traite pas de la cohésion et de son explication par un ‘motus conspirans’ dont il est question à la p. 302 de notre T. X (note 24 qui précède).
27)Le seul auteur antérieur à Huygens que nous connaissions ayant tâché - mais sans tracer des figures - de donner une description technique du mécanisme du pigeon d'Archytas, est Jules César Scaliger. Il est cité par Faujas de Saint-Fond dans le ‘Discours Préliminaire’ de sa ‘Description des expériences de la machine aérostatique de MM. de Montgolfier’ (Paris et Bruxelles, le Francq, 1784); et en effet, dans le ‘Exotericarum Exercitationum lib. XV de Subtilitate, ad Hieronymum Cardanum’ (nous citons l'édition de 1601, Francofurti, ap. Cl. Marnium, & heredes I. Aubrij) Scaliger écrit (Exercit. 326 intitulée: ‘An ars sit de rebus inutilibus’): ‘Quid enim non sordeat nobis, prae volandi arte?...Volantis columbae machinulam, cuius autorem Architam tradunt, vel facillime profiteri audeo. Nauiculam sponte mobilem, ac sui remigii autorem faciam, nullo negotio. Eadem ratio cum volante auicula. Materia ex iunci medulla parabilis, vesiculis amicta, aut pelliculis, quibus auri bracteatores, atque foliatores (sic enim libet nunc) utuntur - Faujas traduit: “la peau des batteurs d'or” -, neruulis obuoluta: ubi semicirculus rotam unam impulerit, motum praestabit aliarum, quibus alae agitabuntur’. Le titre de l'Exercitatio fait bien voir que Scaliger ne croyait pas, comme le sérieux Huygens, que la tentative d'Archytas pourrait finir par conduire à quelque chose d'utile. Cardan, vers la fin du Lib. XVI (‘De scientiis’) de son ‘De Subtilitate libri XXI’ de 1564, s'était contenté d'écrire: ‘Architas Tarentinus..ligneam columbam volantem..construxisse fertur’.
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