Oeuvres complètes. Tome IV. Correspondance 1662-1663
(1891)–Christiaan HuygensNo 1061.
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des coussins pour sa belle, et en y arriuant trouva que Brasser5) s'en estoit rendu le maistre, dequoy estant fasché il le tira trois quatre fois par le manteau et le voulut obliger à se lever. Au lieu de le faire l'autre luy donna un bon soufflet et s'estant collettes les deux peruques volerent parmy la compagnie, et la pauvre Mademoiselle Bartolotti receut un coup de pied de son frere qui luy causa une defaillance. Pour la faire revenir on porta une grande bouteille de frontignan la quelle luy ayant servy de medecine elle servit a resjouir le reste de la compagnie et le lendemain on travailla a raccommoder les esprits. Bartolotti est maintenant icy, il porte un pourtrait de sa dame de Paris sur sa peau nüe, et l'ayant fait voir aussi tost il en envoye querir trois autres dont il dit auoir conquesté les originaulx en des divers lieux de l'Espagne, mais d'autres disent que touts ont esté faits à Anvers n'y ayant point de peintres en Espagne. Mademoiselle de Warnout6) se porte fort mal et pourroit bien passer le pas. son accident luy cause de grosses fiebvres et le petit medecin Allemand desespere de sa santé. Mademoiselle Percheval7) aussi se meurt et ne scauroit durer que peu de jours. Madame de Kernisse8) est auec son mary9) à Oosterhout10) pour y faire guerir son nez ou elle a aussi une fascheuse incommodite. On dit pour certain que le mariage de l'amie se fait, encore qu'elle le nie encore.
Pour mon frere Louis. |
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