Oeuvres complètes. Tome VII. Correspondance 1670-1675
(1897)–Christiaan HuygensNo 1832.
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pretens faire un petit appartement assez joly, comme vous verrez par le plan que j'en envoyeray au frere de Moggershil. En arrivant icy je trouuay que Monsieur de Carcavy2) et son fils3) m'avoient faict un fort meschant tour. Je ne scay s'il vous souuient que lors que je partis ce garçon me pria que je luy vendisse ma calesche. J'en demanday 100 escus, les quels n'ayant voulu donner nostre marchè demeura imparfait, et je serray les coussins et les rideaux dans mon cabinet, dont j'emportay la clef. Ces Messieurs en mon absence ont pris la calesche, l'ont trocquée contre une autre, et pour avoir ces coussins et rideaux ont ouuert la porte du cabinet qui estoit fermée a verrou par dedans. Admirez l'insolence. Je croy qu'ils pensoyent que je ne reviendrois point. Maintenant ils ne scavent que faire, car j'ay promis que je m'en plaindray a Monsieur Colbert, et je n'y manqueray pas. On l'attend icy apres demain, avec toute la Cour, le Roy s'estant hastè de revenir a cause de la maladie du petit Duc d'Anjou4), qui a ce que l'on dit se meurt. Il y a 4 jours que nostre bon Monsieur de Monceaux5) il Pelegrino passa le mesme pas dont j'ay mandè plus de circonstances au beaufrere. N'entendez vous point parler d'avantage de nostre affaire de l'IJssel?6) cela est admirable qu'apres que d'estre employez au service de Messieurs et avoir pris tant de peine, on nous laisse là sans remerciement ni sans payer le reste de ce qui nous est du. Je crois qu'il faudra que j'en escrive a Monsieur Hudde7). A Monsieur Monsieur L. Hugens de Zulichem A la Haye. |