Oeuvres complètes. Tome XVII. L'horloge à pendule 1656-1666
(1932)–Christiaan Huygens[p. 115] | |
Projet de 1660 d'une édition amplifiée de l'‘Horologium’ de 1658, suivi de quelques morceaux datant des années 1659-1666 et correspondant à des sujets traités dans l'‘Horologium oscillatorium’ de 1673. | |
[p. 117] | |
Avertissement.Immédiatement après avoir découvert l'isochronisme des oscillations cycloïdales Huygens songea à rééditer son ‘Horologium’: il parle d'‘une seconde édition du dit horologe, plus ample que la premiere’ dans sa lettre du 22 janvier 1660 à Boulliau (T. III, p. 13) et dans quelques autres epîtres1). Le 27 mars1) il exprime l'espoir d'‘achever bientost... la description de [son] horologe... et de la faire imprimer’, le 2 septembre2) il écrit même: ‘Le traitè de l'horologe est achevè il y a long temps’. En parlant ainsi, il veut dire probablement qu'il est en possession de tous les matériaux nécessaires: le sommaire du contenu du nouveau traité, tel qu'il avait en 1660 l'intention de le publier - voir la p. 120 qui suit; nous avons déjà remarqué à la p. 355 du T. XVI que ce sommaire fut écrit avant le 7 avril 1660 - fait voir que tel était le cas; mais il faut croire que même vers la fin de 1660 il ne l'avait pas encore définitivement rédigé: plusieurs mois après le 15 juillet 1661, il écrit à Moray (T. III, p. 297): ‘Je vous assure que j'ay encore du trauail assez pour long temps, a mettre au net plusieurs de mes vieilles inventions et quelques traitez a demi achevez que j'ay | |
[p. 118] | |
[l'idée] de perfectionner et de produire1)’. Il est vrai qu'une partie de ses considérations sur la chute des corps avait déjà reçu en octobre ou novembre 1659 une forme qui pouvait lui paraître suffisante2) et que depuis la fin de 1659 il en était peut-être de même, ou peu s'en faut3), de sa démonstration de la propriété de l'isochronisme (ou tautochronisme, pour employer ce mot plus moderne) de la cycloïde4). En avril 1660 il avait en outre mis par écrit ses considérations sur l'équation du temps5) et rédigé en partie ses travaux sur la rectification des courbes et la quadrature des surfaces6). Dans son sommaire Huygens parle e.a. de la ‘regula ad inveniendam penduli longitudinem’. Il avait en effet commencé en 1659 ses recherches sur le centre d'oscillation des pendules linéaires7). Après avoir établi en août 1661 ou un peu plus tard8) la théorie du poids curseur, il rédigea en cette même année un chapitre sur la méthode pour trouver des pendules simples isochrones avec des pendules composés linéaires donnés9). Il est possible que depuis ce moment il ait songé à étendre cette théorie à des pendules de forme quelconque et que ceci aussi soit une des causes du retard de la publication. Le 10 février 1662 (T. IV, p. 51) il écrit à Moray que ‘les experiences du vuide10) et ... plusieurs autres choses’ l'empêchent encore à son grand regret de ‘donner au public le traitè de l'horologe’. Depuis ce moment il n'en parle plus guère11). Bientôt l'‘affaire des Longitudes, qui est de plus grande consequence’ que la publication de la ‘Dioptrique’ et sans doute aussi des autres traités12) vint interrompre, elle aussi, ses projets13); il lui sembla plus important - comparez la p. 9, ainsi que la note 4 de la p. 51 qui précède - de perfectionner les horloges que d'en donner une description et d'en exposer une théorie nécessairement incomplètes au public. |
|